http://durireauxlarmes.vefblog.net/

  VEF Blog

Du rire aux larmes

le 07-08-2008 01:39

MORALE 2

 

L'ODIEUX CHANTAGE

 


C’était une de ces nuits blanches où mes yeux écarquillés cherchaient désespérément, dans le noir, une lueur qui leur prouverait que je n’étais pas enfermée au fond d’un cercueil. Un débat télévisé était la cause de cette insomnie. Pendant la campagne présidentielle. La gauche et la droite avaient présenté leurs programmes au patronat. Chacune à leur tour. Et c’est alors, au fil des répliques des uns et des autres, qu’un déclic s’était produit. Comme une évidence. Le vrai pouvoir n’appartenait pas aux politiciens, fussent-ils présidents ! Ceux-ci n’étaient que les courtisans d’un patronat cynique ! La gauche, qu’elle soit rose très pâle ou rouge sang, louvoyait ou imposait, et, quant à la droite, courtisane pitoyable, elle essayait d’appâter, d’acheter, au moyen de cadeaux de plus en plus ruineux pour le peuple français. Je ne doutais plus alors de la bonne foi de ces présidentiables qui poursuivaient tous, de façons différentes, un but des plus louables, empêcher les délocalisations. Et le pire dans tout ça, c’est que l’immonde chantage devenait un fait acquis dont on ne discutait même plus de l’amoralité : « Si les ouvriers ne travaillent pas plus, si on ne libéralise pas le temps de travail, si on ne supprime pas les 35 H, si on ne peut pas licencier quand ça nous chante et avec le moins d’indemnités possibles ni préavis, si on ne recule pas l’âge de la retraite, si on ne diminue pas nos cotisations… Si…Si… Eh bien on s’en va, on délocalise, malgré nos bénéfices qui n’ont fait que s’amplifier depuis ces dernières années ! »Où délocalisez-vous vos entreprises messieurs ? Il est facile de le deviner : dans des pays où il n’y a pas ces fichus cotisations de la Sécurité Sociale, dans des pays où les enfants travaillent comme autrefois, chez nous, au temps de « Germinal », dans des pays où une institutrice gagne six euros par mois, comme au Zimbabwe. Il est évident que dans ces conditions de prix de revient dérisoire vos bénéfices doivent être « énau-au-aurmes » ! C’est d’ailleurs ce que disent les Infos : « 76% de progression pour les entreprises ! »Mais ce qui m’empêchait de dormir, ce n’était pas que ce chantage odieux et amoral, je le répète ! Mais aussi la naïveté de nos politiciens qui ne réalisaient pas que, de toute façon, les travailleurs européens, quelles que soient les lois-cadeaux faites pour le patronat, ces travailleurs ne pourraient pas lutter contre des Haïtiens qui mangent des galettes de terre glaise. Nous pouvons revenir au Moyen Age nos usines fermeront toujours. Allez demander aux salariés de SIEMENS en Allemagne si le fait d’avoir accepté de revenir aux 40 H a empêché l’entreprise de licencier 10 000 travailleurs deux ans après ?Où est le patriotisme dans tout ça ? Pourquoi lit-on la lettre de Guy Moquet ? Pourquoi ou pour qui plutôt ? Dans quel but cible-t-on des collégiens alors qu’elle devrait être inscrite sur tous les écrans d’ouverture des centres boursiers du monde ! Pour quelle raison serait-ce seulement nos jeunes qui devraient prendre l’exemple sur un patriote héroïque et courir se faire tuer pour sauver un capital sans foi ni loi qui n’hésitera pas à les réduire à la misère, une fois la paix revenue, dès qu’un plus grand profit se profilera au-delà de nos frontières !Non, je ne dormais pas et je dors encore moins depuis que j’ai entendu que la SOGEMA licenciait parce que l’armée française (oui, elle-même !) fait entretenir ses avions … Au Portugal ! Il n’y a pas de petits profits ! Vive le patriotisme !! Quand je pense qu’elle fusillait les déserteurs ! Qui déserte maintenant ?Mais ne l’oublions pas, Monsieur le P.D.G.de Renault tient la solution approuvée par notre gouvernement qui espère vraiment créer la relance : « Tout programme qui favorise l’emploi est bon ! » Dans ces conditions les pharaons et les négriers avaient trouvé la solution : les esclaves n’ont jamais été au chômage !!   

 

 


Commentaires

 

1. ptk49  le 07-08-2008 à 07:46:14  (site)

Bonjour !
C'est bien le pognon qui fabrique la politique.
Une chronique vraiment bien faite.
Amitiés,
PtK

2. ooz  le 17-08-2008 à 15:47:14  (site)

ce que vous écrivez est tellement vrai, que je me souviens maintenant pourquoi je ne regarde pas la télé.
ils ne vont pas EN PLUS me prendre le sommeil !

édité le 17-08-2008 à 15:50:08

 
 
 
le 07-08-2008 00:46

COUP DE GUEULE 2

 

CONTRE NICOLAS SARKOZY QUI ENTERRE TOUS NOS ACQUITS SOCIAUX

 

 


Eh oui, « un coup de chapeau » n’exclut pas un « coup de gueule » Monsieur le Président ! Candide est libre de toute obédience à quelque parti que ce soit et il se permet d’écrire tout ce qu’il ressent.

Si vous aviez raison pour l’euro, Monsieur Sarkozy, vous avez tort de vouloir libéraliser le temps de travail. Du moins à mon humble avis. « Travailler plus pour gagner plus ! » disiez-vous. C’était votre devise, votre slogan de campagne !

Voyez-vous la contradiction ? Si vous libéralisez le temps de travail, si, à ce que j’ai compris, chaque entreprise peut décider seule du temps hebdomadaire dont elle a besoin, ne pensez-vous pas que ces chers patrons qui ne sont pas des philanthropes, auront tendance à surestimer ce temps (pourquoi pas 72 heures par semaine ?) afin de ne plus avoir à payer d’heures supplémentaires ?

Je sais, je sais, j’exagère un peu. Mais avec le temps, peu à peu, de libéralisation en libéralisation, l’esclavage ne tarderait pas à se profiler car si vous comptez sur la raison ou la morale d’individus qui n’hésitent pas à délocaliser leurs entreprises pour des pays où des enfants travaillent, je vous promets beaucoup de désillusions. Voir la rubrique « Morale » de ce mois.

Lorsque j’étais enfant, et parfois obstiné dans mes bêtises, mon père, en plaisantant, me répétait : « Il faut sentir, mon petit, jusqu’où tu peux aller « trop » loin… Tout est là !» Ce qui se traduirait par le dicton grec : « Zeus enlève la raison à ceux qu’il veut perdre. » A méditer…Pour certains du MEDEF…

 

 


Commentaires

 

1. ptk49  le 07-08-2008 à 07:48:18  (site)

A ce rythme, il faudra bientôt descendre dans la rue, pour obtenir une journée de repos par mois !
Amitiés,
PtK

 
 
 
le 06-08-2008 12:02

DELIRONS 2

LA CONSCIENCE UNIVERSELLE

 

 


     Qui sommes nous ? Qui suis-je ? Quand Je pense à Moi, Qui pense à Qui ? Est-ce une conscience qui pense à la représentation individuelle de mon enveloppe charnelle ? Est-ce plutôt une complexité de la matière, si élaborée qu’elle est devenue consciente ? Mais comment la matière, si matière  il y a, a pu s’ordonner jusqu’à une conscience qui n’existait pas déjà, pour l’ordonner elle-même ? 


     Et puis, s’il n’y avait pas de matière avant le Big Bang (ou les Big Bang) comment quelque chose peut se créer à partir de rien si elle n’est pas rien elle-même ? La preuve ? Cette soi disant matière n’est que de l’énergie ! Einstein en a donné la recette : E = MC2  (énergie = masse multipliée par la vitesse de la lumière au carré), ce qui entraîne l’inverse : M = E/ C2, soit : la masse = l’énergie divisée par la vitesse de la lumière au carré. Quelle concentration d’énergie !   

      Et si cette énergie n’était qu’une avec la conscience ? Les grains de sable n’ont-ils pas une mémoire et le monde n’est-il pas un immense hologramme où le Tout contient la plus petite partie alors que celle-ci même contient aussi le Tout ?  

      Chaque partie de cette matière que nous croyons distincte de la conscience n’est-elle pas faite de molécules constituées d’atomes formés par des protons, électrons et neutrons ? Et ceci jusqu’au mystérieux monde quantique où chaque particule est informée du sort de ses consœurs (voir l’expérience des fentes de Young).    

      Alors… Alors… Si cette matière qui n’est qu’énergie et si cette conscience qui nous anime et nous motive ne faisaient qu’Un, ne serait-il pas raisonnable de penser que, finalement, il n’y a que la conscience dans ce vaste univers et qu’étant la seule et unique réalité, elle n’a pas été créée, mais elle EST, depuis toujours ! Et par conséquent elle ne peut disparaître, même si le monde qu’elle rêve, à force de concentration (M = E/C2) perd parfois son apparence parce qu’elle le rêve autrement…    

      Et si la conscience ne disparaît pas, il n’y a donc plus de mort possible, telle que nous la croyons. Comme je le disais dans le « Délirons » du mois précédent, notre enveloppe s’use et nous changeons de capteurs mais notre conscience a toujours été et sera toujours ! N’est-ce pas cela l’essentiel ?                                          

 

 


Commentaires

 

1. ptk49  le 07-08-2008 à 10:46:57  (site)

Un texte très savant et plein de réflexions de bon sens.
Amitiés,
PtK

 
 
 
le 06-08-2008 11:45

ACTU 2

QUELLE EUROPE ?

 

 


     Et si je vous disais ce que je pense de l’Europe ?Depuis vingt ans que l’on en parle ! Depuis Maastricht où l’on essaie de l’organiser ! Je n’ai pas l’impression que le bilan soit bien positif pour le français moyen que je suis !Bizarrement, j’entends des infos qui me font douter de l’uniformisation qui, pourtant, aurait été prioritaire.

      Par exemple, les étoiles des hôtels européens ne correspondent ni aux mêmes prestations, ni à la même fourchette de prix, selon la France, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne…etc… Dommage !Et que dire de cette impression de ne plus être maîtres chez nous ! Même notre Président ne peut pas faire baisser cet euro qui nous fait perdre tous les marchés !

      N’est-ce pas aussi l’Europe qui interdit toutes les aides promises aux pêcheurs ?  Il faudrait être masochistes pour désirer une telle Europe !Pire ! L’accident de train entre l’Allemagne et la France, il y a quelques années, était la conséquence d’un manque de cohésion entre les systèmes d’aiguillage des deux pays.Pire encore ! Avec plus de dégâts humains ! Les irradiés des hôpitaux de Toulouse et d’Epinal sont très malades parce que le mode d’emploi des machines à rayons X a été mal compris par les soignants français.Ce fait est confirmé par de nombreux techniciens d’usine qui constatent chaque jour que les normes d’assemblage des visseries et les normes de qualité de fabrication des matériaux ne sont toujours pas identiques d’un pays européen à l’autre… Ce qui peut induire beaucoup d’erreurs avec de très lourdes conséquences !N’était-il pas prioritaire, avant de faciliter la libre circulation des capitaux et des biens, de faciliter le travail et la vie des européens ?

     Et pourtant, en lisant le petit livret qui avait été distribué avant le référendum, je constate que le plus gros souci de nos dirigeants a été d’assurer avant tout la cohésion entre les banques européennes et, surtout, surtout, de créer une Europe de la finance ! 

 

 


Commentaires

 

1. ptk49  le 07-08-2008 à 10:50:51  (site)

Belle conclusion ! C'est ce que je m'évertue à démontrer aux partisans aveugles de cette Europe.
Seuls les salaires supérieurs augmentent, au détriment de ceux que l'on utilise pour les leur faire gagner.
Amitiés,
PtK

 
 
 
le 05-08-2008 18:02

"LE DERNIER ROLE" 2

 

 

PROLOGUE, SUITE ET FIN.


    

            Heureusement, le petit antiquaire est si sourd et si vieux que vous perdriez votre temps… Vous jetez un regard de regret sur les cruches, les chandeliers… Les miroirs… Les crémaillères et les coffrets… Et les mille choses jamais vues… C’est mieux, hâtez-vous, le soir devient rose. Votre pas résonne une note fausse sur le trottoir. Vous avez le sentiment d’être importune. N’importe, la petite ville vaut une visite. « Tiens, quelle gentille place avec ses marronniers ! Quelle fraîcheur ! Quelle sérénité ! Des bancs de bois peints en vert, quelques marmots, un vieux monsieur sévère, et le rituel couple d’amoureux… Vous soupirez : Comme on doit s’ennuyer ! » Pourquoi ? Vous dit la petite ville… Pourquoi ? Vous disent les oiseaux… Pourquoi ? Pourquoi ? Vous chantent quelques notes de piano, égrenées derrière des persiennes closes…

           Ne rit-on pas ici ? Et de la façon laplusspontanée ?   

           Vous risquez un regard derrière vous… Faîtes, faîtes… Cela en vaut la peine.          

            Ne sont-elles pas gracieuses ces trois lycéennes qui causent et s’agitent ? Et ces deux autres, assises près du faune de pierre, qui babillent et se font des confidences ? Et l’Amour près du jet d’eau, cambrant les reins, tendant l’arc entre des hampes de joncs ? Que tout cela est charmant ! Désuet sans doute, mais mignard et digne du grand siècle… Oui Madame, osez l’avouer et le dire : Plus que le cubisme et toutes les nouvelles écoles, cela fait rêver et surprend… Quelles belles vacances si vous y restiez… Et les yeux de cette dame qui vous a souri, ces yeux si bleus, si audacieusement tranquilles… Peut-être serait-ce une amie ? Sans en avoir l’air, observez-la attentivement. L’avez-vous reconnue ? Mais oui, elle est sans aucun doute, la petite-fille de mes « Grandes Dames de SAINTE-MARGUERITE », celles qui portaient, lorsque ma grand-mère n’était qu’une enfant, des jardins sur la tête, et d’innombrables jupons qu’elles relevaient précieusement les uns sur les autres, afin de parer leurs jambes fines d’un arc-en-ciel de dentelles.          

       Elles musaient les jours de fête ou de fanfare dans ce joli jardin, jouant avec d’élégantes ombrelles, se quittant, se rencontrant, s’embrassant avec des cris d’oiseaux, bavardes et rougissantes, ébauchant un pas de valse qui faisait craquer leurs fins souliers, esquisser un envol de liberté au boa de plumes qui retombait, langoureux et frissonnant sur leurs épaules de neige.        

       Ah si le faune de pierre pouvait parler ! Ne vous confierait-il pas mille secrets, mille potins charmants, et même quelques drames ? Peut-être vous ferait-il rougir, Madame, et votre confusion se lirait sur votre front tout rose, dans vos yeux ardents qui se voileraient, sur vos lèvres, palpitantes qui feraient une adorable moue. Vous diriez à l’homme de pierre « Contez-moi tout », et même sans ombrelle, sans robe brodée sur transparent rose, sans la fanfreluche des jupons, vous leur ressembleriez tant, Madame, et si parfaitement, aux Grandes Dames de SAINTE-MARGUERITE, que le vieux faune aurait l’impression de ne trahir personne.

            Il est muet parce qu’il est de pierre, et qu’il est attentif… Il regarde le temps s’écouler, et vivre sa petite ville… Il voit tant de scènes… Il devine les secrets des visages connus, il lit dans les cœurs, comme l’heure au grand cadran du collège là-bas. Il écoute de si étranges confidences qu’il redoute bien souvent de voir battre son cœur de pierre et de mourir comme les hommes… Ah oui, Madame, c’est toute une histoire et la voici………

 

                                            marieclaude.peyraud@gmail.com 
 


Commentaires

 

1. ptk49  le 06-08-2008 à 07:12:27  (site)

Bonjour !
Un texte plein de charme, de sensibilité, de souvenirs et parfumé d'humour.
Un moment très agréable !
Amitiés,
PtK

 
 
 
 

Ajouter un commentaire

Pseudo : Réserve ton pseudo ici
Email :
Site :
Commentaire :

Smileys

 
 
 
Rappel article